L’HISTOIRE

Des moines cisterciens venus de l’abbaye de Bégard fondent l’abbaye du Relec dans la vallée du Queffleuth aux pieds des Monts d’Arrée et façonnent ce lieu jusqu’à la Révolution.

L’abbaye du Relec : six siècles d’occupation cistercienne

L’an 1132 serait la date de fondation de l’abbaye du Relec par des moines cisterciens venus du monastère de Bégard (Côtes d’Armor). En ce début de siècle naissent une dizaine de « filles » de Cîteaux en Bretagne. Le site du Relec est un fond de vallée peu peuplé où subsistent de vastes espaces à défricher. Les ressources nécessaires à la vie y abondent : eau, bois, landes, affleurements de schistes et granit à proximité. L’abbaye s’installe dans ce lieu favorable à l’application des règles cisterciennes.

Pendant trois siècles, l’abbaye prospère : les moines s’adonnent à l’édification d’un monastère répondant aux principes bernardins, à savoir la prière, l’étude et le savoir, les travaux de la vie quotidienne, la mise en valeur des terres, l’exploitation énergétique et agricole de la ressource en eau. Ces moines défricheurs appliquent un mode de tenure de leur patrimoine foncier qui assure la prospérité du domaine et attire de nombreux paysans. Ce mode original de gestion, la « quévaise », rompt avec l’organisation féodale classique. Les caractéristiques de ce contrat ont largement marqué les paysages et les mentalités de cette région et sont encore décelables aujourd’hui. Les possessions de l’abbaye s’étendent rapidement au delà des communes proches du monastère, dans les trois évêchés du Trégor, du Léon et de Cornouaille.

Le 14e siècle marque l’apogée du rayonnement économique et culturel du Relec. Cependant, si les moines du Relec vivent pendant un temps selon la doctrine cistercienne, ils ne tardent pas à s’en écarter.

En 1498, la duchesse Anne autorise les moines à posséder quatre poteaux de justice. Des privilèges économiques (foires, marchés, droit de billots...) y sont liés. Ceci n’épargne cependant pas les luttes de pouvoir et le début d’un déclin progressif de la communauté. Guerres, maladies, famines... puis, l’instauration du système de la commande au 16e siècle freinent l’épanouissement de l’ordre cistercien au Relec. L’abbaye connaît deux grandes phases de restauration à la fin du 17e et au 18e siècle. Elle ne survit toutefois pas à la Révolution et les bâtiments monastiques tombent en ruine.

Aujourd’hui

L’église romane, plusieurs fois modifiée, est aujourd’hui classée Monument historique. Les vestiges de l’espace claustral, la fontaine monumentale, les étangs et leurs moulins, les anciens jardins entourés de douves, les bois… l’ensemble de ce patrimoine bâti confère au lieu une magie indéniable. L’onde qui parcourt la surface des étangs, le vent dans les feuilles des arbres bruissent des souvenirs évanouis de cette vie cistercienne qui a, six siècles durant, animé le lieu et modelé le paysage. Le domaine d’une dizaine d’hectares constitue une zone naturelle d’intérêt faunistique et floristique.

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