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LE MANOIR AU COURS DES SIÈCLES |
L’« âge d’or » des manoirs |
Si la présence d’une stèle de l’âge de fer, certains noms de villages ou encore les ruines de ce qui fut peut-être une maison forte (18e ?) témoignent d’une occupation ancienne du site, le manoir de Kernault apparaît au 15e siècle, en plein « âge d’or » des manoirs bretons, dans une Bretagne économiquement prospère. A la suite de querelles de prééminences, Kernault devient, en 1470, la propriété d’Yvon de Lescoët. Si l’on ne connaît pas réellement le rôle qu’il a pu jouer dans la société de l’époque, tout indique qu’Yvon de Lescoët est un homme riche et puissant. Sans doute cadet pénalisé par un partage favorisant les aînés, il a la ferme volonté de posséder sa propre seigneurie. À la fin du 15e siècle, il devient donc le premier seigneur de Kernault, avec droit de juridiction et privilèges nobles. En un siècle, la seigneurie de Kernault devient l’une des plus importantes de Mellac, répartie en une trentaine de villages, sans compter des possessions dans les paroisses voisines. |
Le jeu des alliances |
Grâce à une subtile stratégie des alliances, d’autres seigneuries viennent étoffer le patrimoine des propriétaires de Kernault durant les 16e et 17e siècles. La famille Le Veer, dans la première moitié du 17e siècle, - et plus particulièrement Jean Le Veer (1615-1664) - marque son passage avec la construction du remarquable grenier à pans de bois encore visible aujourd’hui. L’alliance avec la famille du Vergier au 18e siècle, d’ancienne noblesse, signe l’accession au « rêve de château ». Jacques-René du Vergier fait appel aux meilleurs architectes du moment pour son hôtel particulier à Quimperlé et la remise au goût du jour du vieux manoir. Le projet qui consistait à faire de Kernault un vrai « petit château » avec jardins à la française ne sera en réalité que partiellement réalisé ; nous lui devons toutefois, pour une bonne part, l’allure actuelle du manoir de Kernault. Lors de la Révolution, Kernault devient foyer de résistance et l’on soupçonne à juste titre Jean-Marie du Vergier d’y avoir logé des prêtres réfractaires. Le 19e siècle est le temps des expérimentations. Jean-Marie du Vergier – fils du précédent - alors à la tête de la propriété en 1810, est un homme de progrès et de nouveautés tant dans le domaine des cultures (nouvelles races animales ou végétales) que des techniques. Les propriétaires du manoir participent à la vulgarisation de nouvelles techniques agricoles auprès de leurs fermiers. Kernault a ainsi servi de champs d’application à la ferme école du Lézardeau créée en 1859. À la même époque, le nom des du Vergier figure en bonne place dans le palmarès des concours hippiques de la région. Les chevaux ont alors une grande place dans le domaine. |
Et aujourd’hui ? |
Propriété du département du Finistère depuis 1990, classé Monument historique en 1991, Kernault reste fidèle à sa vocation rurale à travers un domaine de 30 hectares qui se découvre en toutes saisons. Chevaux de trait bretons, vaches écossaises, moutons d’Ouessant, contribuent à l’entretien du parc dans le souci d’une gestion écologique. Le bois du jardin, le bois du chemin de ronde, le bois des serpents ailés, les vergers conservatoires de pommiers à cidre, le vivier ou les prairies se découvrent au cœur d’une nature préservée. Le manoir de Kernault fait partie de l’EPCC « Chemins du patrimoine en Finistère » depuis 2006. Sa programmation culturelle fait écho aux premiers collecteurs de traditions orales, étant au cœur du territoire exploré par Théodore Hersart de la Villemarqué, l’auteur du Barzaz-Breiz. Il accueille le Centre de Recherche et de Documentation sur la Littérature Orale, antenne de l’Université de Bretagne Occidentale à Brest.
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Le centre de Recherche et de Documentation sur la Littérature orale Antenne du Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC) de l’Université de Bretagne occidentale à Brest. Le Centre étudie les documents issus des collectes de traditions orales menées en Bretagne depuis le 19e siècle.
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